Partons à la découverte de la vallée de TE FAAITI

TE FAAITI est une « petite vallée », comme son nom l’indique, dans laquelle s’écoule la rivière de la VAIPAEA. Cette dernière est un affluent du fleuve de la PAPENOO (et oui, la PAPENOO est un fleuve côtier et non pas une rivière, puisqu’il se déverse directement dans l’océan). Elle prend source sur les parois du PITO HITI (ou PITO ITI, selon l’orthographe et la légende qui vous conviendra), le deuxième plus haut sommet de TAHITI, culminant à 2110 mètres.

TE FAAITI est également l’unique parc territorial de Polynésie Française, officiellement classé en tant que tel depuis le 5 juin 1989, à l’initiative du ministre de l’environnement au sein du gouvernement d’Alexandre LEONTIEFF, Mr Jacqui DROLLET. L’objectif souhaité lors de sa création était de préserver un « coin de paradis » encore vierge, alors que la vallée de la MAROTO subissait d’énormes changements dus aux aménagements hydroélectriques.

Alors que la plus grande vallée de Tahiti fut blessée, déchirée, détruite par les mains de l’Homme, la richesse naturelle et culturelle de ce site a été préservée par une poignée de personnes, en l’occurrence les bénévoles de l’association « Te Ana Opae » (« la grotte penchée »). Ces derniers ont emprunté ce nom au lieu qui sert le plus souvent de pause pique-nique. Il offre un grand espace convivial avec une petite cascade, un grand bassin et plusieurs sauts, allant de 4 à 7 mètres. L’un d’eux a d’ailleurs été surnommé « le saut de la mort »  par les nombreux randonneurs ayant visité cette vallée. La présence d’une paroi oblique, qui servait certainement d’abri à l’époque, explique cette toponymie.

Le départ de cette randonnée se trouve au huitième kilomètre de la traversière à partir de la route de ceinture (deux kilomètres après le pont métallique). Un parking a été aménagé pour les visiteurs et un panneau et des plantations annoncent l’entrée de cette petite vallée. C’est ici qu’il faut se garer. Tout de suite, on rafraîchit ses pieds en traversant la PAPENOO. De l’autre côté, un magnifique jardin de fleurs et d’arbres fruitiers puis un refuge en bois sont là pour accueillir les visiteurs, y compris ceux qui n’iront pas plus loin.

Nous pénétrons alors dans Te FAAITI en commençant par franchir une forêt de ‘ofe (bambous). Si nous tendons l’oreille, il est possible d’entendre nos amies les fauvettes, toujours fidèles à ce type de terrain. Les ‘ofe laissent ensuite la place aux purau, mape, ‘apape, opuhi, et d’innombrables types de fougères tels que les nahe, mama’u, ‘o’aha – pour ne citer que les plus imposantes – la flore typique des fonds de vallée de TAHITI. Mais ne rêvons pas, les espèces parasites ont également pris leur place dans cet endroit de rêve : miconias, parasoliers, tulipiers du Gabon…

Très rapidement, aux abords du sentier, un faa’apu discret a été mis en place par la Direction de l’Environnement, en partenariat avec des botanistes et certains guides de randonnées. Il s’agit là d’espèces endémiques en voie critique d’extinction, notamment le tamore mou’a et le ‘autera’a tahiti, qui ont été repérées de manière très isolées dans nos montagnes et replantées ici pour être préservées. Par exemple, concernant la première espèce, seuls une douzaine de pieds dont quelques reproducteurs, ont été trouvés. La préservation de cet espèce est d’une importance capitale, d’une part pour le patrimoine polynésien, et d’autre part pour ses vertus médicinales contre des formes de diarrhées aigues.

Non loin de là se trouve un zoo très particulier. Il se présente sous la forme d’un enclos d’environ 200 mètres carré. Il n’y a pour l’instant aucun animal à l’intérieur, mais il est prévu d’y réintroduire une espèce d’escargots endémiques très répandue en Polynésie Française jusque dans les années 70’, le partula. Ils étaient si nombreux qu’on offrait, non pas des colliers de coquillages à cette époque, mais de coquilles de cet escargot, aux personnes qui quittaient le pays. En 1967, une personne a introduit une autre espèce, l’achatina ou le « géant d’Afrique » (le gros escargot herbivore que l’on retrouve dans nos jardins) dans le but de le proposer comme nouveau menu à la population. Il s’est trop bien acclimaté et a envahi, au grand dame des agriculteurs, les îles et leurs cultures. Le Service du Développement Rural décide d’agir en introduisant un troisième escargot, celui-ci carnivore, l’euglandine, afin de manger les gros et ainsi protéger nos faa’apu. L’objectif a été plus ou moins atteint, mais celui-ci s’est également attaqué, en guise de dessert, à nos chers partula, endémiques, beaucoup plus petits et fragiles. C’est ainsi qu’ils ont quasiment été éradiqués sur l’île. On en retrouve de manière très parsemée dans certaines vallées et à une altitude supérieure à 1300 mètres, un environnement que l’escargot carnivore n’apprécie guère. Quand c’est le cas, il est important de les recueillir, de les rapporter à l’unique spécialiste sur l’île qui les envoie dans un zoo à Bristol, en Angleterre. Ce sont ces escargots là qui devraient être réintroduits, à court terme, dans ce zoo de TE FAAITI.

Revenons à présent à l’itinéraire de notre randonnée. Le chemin entretenu est large (quatre mètres), une vraie « autoroute », ce qui est plutôt unique sur les sentiers polynésiens. Difficile de se perdre, excepté lors de la traversée de certains gués. Il est tout de même conseillé de prendre un guide, d’une part pour la sécurité (en cas de crue ou d’incident éventuel), pour la transmission des nombreuses informations au sujet de cette vallée (faune et flore, archéologie) et surtout pour profiter des nombreux centres d’intérêt aquatiques qui ne se trouvent pas forcément sur le chemin (sauts, parcours ludiques).

Il est possible, entre autre, de découvrir les centres d’intérêt suivants (en partant de la PAPENOO) :

  • 4e gué : « le spot de l’arbre » ! Ce lieu est appelé ainsi à cause de la présence d’un tronc arbre emporté jusqu’ici, il y a dix ans, par une énorme crue, et à présent bloqué sous deux énormes rochers. Il est possible, en franchissant cet obstacle (sous l’eau), de s’engouffrer dans un « rapide » pour remonter la rivière ;
  • 7e gué : « le petit saut et les 3 siphons » ! C’est une grande vasque alimentée par une cascade de 2 mètres, dans laquelle il est possible de s’initier à un saut de 3m, et surtout de tenter non pas un, non pas deux, mais trois siphons. Il s’agit de passer en apnée sous des rochers, plus ou moins longs (il faut bien-sûr le faire avec une surveillance permanente) ;
  • 8e gué : le lieu de Te ana opae ou encore du « saut de la mort », offrant aux baigneurs un gigantesque bassin, et aux plus téméraires des sauts entre 4 et 7m. C’est souvent l’endroit qui est choisi pour casser la croûte. Il est aisément reconnaissable grâce à la présence de ‘ava, fe’i, pomme étoile planté par l’association.
  • Idem (50 mètres plus en aval, à même le lit de la rivière) : le parcours du « casse-noisette », où il est d’abord amusant se laisser porter par le flux de l’eau, avant de remonter en rampant sous un rocher gargantuesque, dans un « trou de souris » ;
  • 5min de marche en aval du 7e gué : il faut quitter le sentier principal pour rejoindre la rivière (ce carrefour est annoncé par un petit oranger). On s’y arrête le plus souvent au retour pour varier les pauses par rapport à celle de l’« aller ». C’est le « secret spot » du « bloc dantesque ». De cet énorme rocher, il est également possible de sauter (6 mètres). Ce bloc peut-être franchi. Derrière lui, le passage du « dernier des mohicans », derrière une cascade de 4 mètres, est le début d’un « parcours du combattant » aquatique où il est question de redescendre la rivière par différents passages ludiques. Si on lève la tête, on peut remarquer, en amont, le PITO HITI qui transperce les nuages.
  • 50m avant de revenir aux voitures : La PAPENOO permet de se rincer dans une petite vasque, réchauffée toute la journée par le soleil. Une plage est même présente afin de se prélasser une dernière fois avant de se changer.

Cette randonnée peut-être appréhendée de deux manières différentes : elle peut-être réalisée jusqu’au 8e gué, le lieu dit de la « grotte penchée », avec des enfants à partir de 7 ans (2h30 de marche « aller » environ), en profitant pleinement des multiples centres d’intérêt cités ci-dessus, ou alors être rallongée jusqu’au deuxième refuge, installé au pied des sommets PIHAIATETA et PITO HITI au centre d’une prairie généreusement entretenue par la même association qui s’occupe du sentier (3/4h de marche en plus, dont ½ de montée). Un vrai jardin d’Eden, avec vestiges de marae, plantations d’arbres fruitiers et fleurs, des poules, et même des toilettes isolées. Il est possible de réserver cet endroit magique pour le week-end auprès de Mike, le président de « Te Ana Opae ». Il est vivement conseillé de le prévenir, d’une part pour être sûr d’avoir de la place, et d’autre part pour permettre à l’association de recevoir des subventions de la part du Territoire. Enfin, plus loin encore, il est possible de rejoindre les cascades se déversant sur les parois abruptes du fond de la vallée, mais le sentier a totalement disparu étant donné l’absence de passage pendant plusieurs années.

Informations pratiques :

Si vous souhaitez vous faire accompagner d’un guide professionnel, vous pouvez joindre Jimmy et Pierre LEYRAL de AITO RANDO au 87 76 20 25.
Si vous souhaitez réserver un des deux refuges, il est vivement conseiller de s’inscrire auprès de Mike, le président de l’association TE ANA OPAE au 87 75 20 03.

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