Rencontre avec un artiste hors du commun : Claude WILMART, artiste-peintre

L’homme et son art, par Hinamoe Lara

C’est à la galerie Anuanua d’Uturoa que nous avons rencontré Claude Wilmart artiste peintre fasciné par la lumière particulière de la Polynésie et plus particulièrement de Raiatea.

Claude Wilmart est né en 1950 en banlieue parisienne. Dès son plus jeune âge, il crayonne, dessine et peint. Sa carrière artistique démarre réellement lorsqu’en 1970, alors âgé de vingt ans, il suit la formation assurée par Henri Laurent Bar à l’école régionale des Beaux- arts de Cormeilles-en-Parisis, dans le Val d’Oise. Entre 1970 et 1976, Claude Wilmart remporte différents prix et diplômes.  En 1972 il est finaliste au Grand Prix de la peinture à Cannes et au grand prix internationale de la peinture à Deauville. Deux ans plus tard il obtient le diplôme d’honneur au 10e Grand prix de la peinture de la côte d’Azur à Cannes pour ne citer que ceux-là. L’artiste expose ses œuvres dans diverses galeries de la métropole et au Salon de l’Ecole française, au Grand Palais, ou encore à Rome. Il est sollicité pour des expositions en Allemagne et en Argentine.

En dépit de son grand amour pour la peinture, il s’oriente vers la fonction publique où il exercera le métier d’ingénieur des travaux publics.

Le peintre des lumières

Même quand il ne fait pas beau ici, on a une lumière que nous n’avons pas en métropole.

 Ce n’est qu’en prenant sa retraite, en 2011 qu’il peut enfin se consacrer pleinement à sa passion qu’est la peinture. Il s’installe à Raiatea où les nombreux paysages lumineux et les personnages atypiques ou communs ne cessent de l’inspirer.

Peintre des scènes de la vie et paysagiste, Claude s’intéresse désormais aussi au portrait auquel il souhaite consacrer du temps.

S’il faut rattacher Claude Wilmart à un mouvement pictural, cela serait l’impressionnisme mais si on reconnait la technique par « petites touches » qui caractérise les peintres comme Monet, Pissaro ou encore Sisley ; il y a aussi une note qui rappelle le réalisme dans les scènes de vie de Claude : la peinture du marché où les touches s’effacent, se fondent en lignes plus réelles pour préciser une silhouette, un fare, un étal…

Toute la beauté de l’œuvre de Claude Wilmart réside dans cette transcription, retransmission même, capture aussi, parfois, de la lumière, dans cet échange entre le peintre et la lumière qui donne à ses tableaux cette unicité, cette originalité et surtout cette impression de légèreté, de bonheur qui rehausse l’esthétique picturale.

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Interview de l’artiste

C’est purement de la création. C’est comme celui-là ; j’avais l’image et pas les oiseaux…

 Nous avons interrogé l’artiste sur ses motivations et son art.

CW – Je suis à la retraite depuis 2011 et j’ai repris la peinture. Je me suis installé ici, pour me rapprocher de ma famille qui vit à Raiatea depuis plusieurs années et depuis, je peins. Je suis, à la base, surtout un peintre paysagiste. Ma sensibilité c’est surtout la lumière. Ici, la lumière est très très belle. Mais bon, je peins également des scènes de la vie. J’expose en permanence ici, à la galerie. Je travaille beaucoup et je suis très inspiré par la qualité des lumières. Même quand il ne fait pas beau ici, on a une lumière que nous n’avons pas en métropole. D’ailleurs j’ai été obligé de changer la palette de couleurs que j’avais apprise depuis les Beaux-arts. Cette palette a évolué avec les couleurs naturelles d’ici.

HL – Face à tes tableaux que nous voyons ici, peux-tu mieux définir ton changement de palette ?

CW –  Le changement de ma palette notamment c’est que parmi les verts, au début j’employais certains verts, là je les ai changés. Ce sont des verts qui sont plus lumineux ou des verts qui sont, disons plus agressifs, parce qu’il y a beaucoup de contrastes ici. J’ai donc dû changer ma palette. Par contre dans les bleus j’ai changé mais j’ai maintenu le même bleu pour le ciel car à la base j’utilisais un bleu très très lumineux qui correspond bien aux paysages d’ici.

HL – On sent à ta voix que ce sujet t’est cher. Quelles sont tes sources d’inspiration ?

CW – Les sujets dépendent de l’inspiration et de la lumière. Cela peut aller d’un bouquet de fleurs à la mer ou aux oiseaux comme ce tableau. Je suis très sensibilisé par les paysages de mer ou de terre, naturels et tout. Cela va d’un sujet à l’autre. Je peins aussi des « nature morte ». L’important est la lumière, d’où elle vient et comment elle est perçue sur le sujet environnant.

  •  On voit effectivement qu’il n’y a aucun personnage dans ces tableaux.

CW – Oui, c’est vrai pour ceux-là mais j’ai aussi peint quelques tableaux ou il y a des personnages par exemple au marché…le vendeur de poissons.

  • Des scènes de la vie, en fait.

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CW – Oui, tout à fait. J’ai peint également des tableaux d’Hawaiiki nui. Ce qui est intéressant avec ces tableaux est que j’en peins tous les ans et il ne m’en reste plus qu’un chez moi car ils sont tous vendus. Les Polynésiens sont très sensibles à cette peinture.

  • Oui, sans doute car c’est leur quotidien

CW – Oui, c’est leur quotidien.

HL – As-tu des projets pour la suite, un tableau particulier que tu rêves de peindre ?

CW – Dans l’immédiat non, mais j’ai quand même des projets car je voudrais m’orienter vers le portrait mais comme je n’ai pas pris de cours, je fais des recherches sur Internet.  Cela n’empêche pas que je continue de peindre. En ce moment je peins une scène de motu donc avec des gens qui se baignent. Je viens de peindre mon jardin avec mon jardinier qui passe la tondeuse…

HL –  Avec ces tableaux d’image, de la réalité, des couleurs et des lumières, est-ce qu’il t’arrive de peindre autre chose que la réalité ?

CW – Cela peut m’arriver que le tableau me donne une autre inspiration et que j’intègre d’autres éléments comme les personnages qu’il n’y avait pas au départ et c’est purement de la création. C’est comme celui-là ; j’avais l’image et pas les oiseaux…

HL – C’est une sorte de montage « mémoriel » alors ?

CW –  Oui, c’est cela.

  • Ton tableau des bananiers est très réaliste pour un tableau impressionniste.

CW – Oui pourtant quand on regarde de près ce ne sont que des taches mais avec du recul on ne les voit pas et cela donne une tonalité réaliste.

HL – Et ce style plait aux Polynésiens ?

CW –  Oui, ils se retrouvent dans ces tableaux et ils aiment cela. A mon avis il n’y a pas beaucoup de peintres paysagistes en Polynésie. Il y a des gens qui font des portraits mais je ressens chez eux le bonheur que cela leur apporte.

HL – Qu’aimerais-tu ajouter pour clore cette interview ?

CW –  Que mon seul souhait est de continuer à peindre à évoluer, continuer à faire des recherches de lumière qui sont importantes ici car la lumière d’ici est merveilleuse. Je n’ai pas connu cela. Je vivais dans le Vexin, il y avait une belle lumière, d’ailleurs c’est un peu le berceau des impressionnistes car Pissarro, Monet, Van Gogh y ont habité et moi mon souhait est de pouvoir continuer, maintenant que je vais avoir assez de toiles pour tourner, c’est éventuellement de faire une exposition personnelle à Raiatea, puis une autre à Tahiti.

HL – Penses-tu avoir eu le même « choc » que Gauguin en arrivant en Polynésie ?

CW – Non, du tout parce que la peinture de Gauguin est tellement différente de la mienne et je trouve que ses couleurs sont tristes et manquent de lumière. Ce n’est pas ce type de peinture de je cherche à peindre !

  • Je termine en rappelant que tes œuvres sont visibles à la galerie Anuanua d’Uturoa, Raiatea. Je te remercie d’avoir bien voulu répondre à toutes ces questions.

CW – C’est moi qui te remercie.

 


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