Mike sème les notes et récolte le tempo

Guitaristes, bassistes, batteurs, célèbres ou illustres inconnus, sur scène ou en privée, on ne compte plus les virtuoses qui excellent en Polynésie. Pourquoi s’extasier sur un talent plutôt qu’un autre, c’est subjectif et donc une question de feeling : Moving Tahiti a eu le coup de coeur pour Mike, batteur, interprète et professeur de batterie à Tahiti.

Qui est-il ? D’où vient-il ? Et quelle surprise nous réserve t-il ? Il nous raconte…

Bonjour Mike, peux-tu te présenter brièvement à nos lecteurs ?

Bonjour, je suis Michael Roponus, on m’appelle souvent « batmike », je suis batteur et professeur de batterie à Tahiti, à la Bat’school, que j’ai créé.

J’ai commencé par apprendre le tambour à 6 ans, puis les percussions classiques et la batterie.

J’ai appris le solfège et la batterie en école de musique municipale pour enchainer ensuite dans une école du réseau Agostini, et enfin au sein de différentes école de formation professionnelles.

Tout ça m’a amené enfin à jouer dans des groupes, enregistrer quelques albums, tourner et faire plus de 500 concerts en Europe, en Asie, en Scandinavie…

C’est de cette expérience dont je me sers pour transmettre au mieux les outils et les clés de la batterie à mes élèves.

Je suis arrivé il y a 3 ans à Tahiti, et j’ai décidé de me consacrer totalement à la pédagogie.

Peux-tu nous raconter comment tu as découvert ton instrument favori ? Quel âge avais-tu ?

J’ai commencé à l’âge de 6 ans. Mon grand père était l’un des responsables de l’harmonie municipale de mon village du Nord de la France. Voyant ma grande nervosité et ma tendance à taper partout c’est naturellement qu’il m’a jeté dans le bain des percussions, tambours et batteries.

Donc dès l’âge de 6 ans j’ai commencé le tambour, l’apprentissage des marches militaires, la technique qui en découle et à 8 ans je faisais mes premiers défilés lors des fêtes de la région où j’habitais (Nord-Pas-de-Calais).

J’étais fasciné par mon prof de l’époque, les percussions, les œuvres qu’on jouait avec l’orchestre, je suis devenu assez vite accroc.

Est-ce que tu te souviens de ta toute première batterie ?

Ma première batterie je l’ai eue à 17 ans, très tard donc, une pearl export, mes parents s’étaient décidés à me l’offrir après toutes mes années d’apprentissage.
Entre 6 et 17 ans je tapais sur des coussins, je m’entrainais sur des livres, tout ce qui pouvait servir de support y passait (au désespoir de mes parents !).
Parallèlement j’avais accès à une salle de musique dans mon village pour m’entraîner régulièrement, donc avoir une batterie personnelle ne m’a pas vraiment manqué.

Pour arriver à un tel niveau de maîtrise de l’instrument, tu as du t’entraîner énormément. Quand tu as commencé à apprendre, combien de temps passais-tu derrière ta batterie par jour ? Et maintenant, travailles-tu autant qu’auparavant ?

Je n’arrêtais pas de m’entraîner, mais sans me forcer, toujours avec plaisir. C’est essentiel de toujours aller chercher le plaisir dans son apprentissage, chaque étape a assez de contraintes pour qu’on évite de les affronter à contre-coeur.
Je jouais sur les morceaux que mes parents écoutaient, Bruel, Goldman, Sardou, puis Led Zeppelin, Deep Purple, King Crimson, puis le jazz, puis funk, metal etc…. tout s’est fait naturellement, avec plus ou moins de réussite, mais avec toujours le plaisir de jouer et découvrir.

J’ai eu de grosses périodes de travail intense, 5-6 heures par jour, du lundi au samedi pendant mes vacances, j’adorais ça, et de voir mes progrès me motivait à continuer.
Puis cette étape est passée, et j’ai intégré des groupes.
C’est vraiment en groupe que j’ai pu m’épanouir, dans mon village, puis dans la région, puis dans toute la métropole, puis en Europe et enfin à l’international.

Maintenant je n’ai plus le temps de m’entraîner, je le fais entre deux cours, ou lors de journées off, mais ça reste minime et incomparable avec le passé.
En ayant décidé de me tourner vers la pédagogie à temps plein, je savais que la préparation des cours, la transmission du savoir etc… me prendraient tout mon temps.

Mon niveau technique a beaucoup baissé, mais je sais qu’il peut revenir vite si je m’entraîne à nouveau. Quand je me vois il y a 10 ou 15 ans, j’étais plus virtuose et axé sur la performance. Les groupes dans lesquels j’évoluais le demandaient aussi, des musiques exigeantes, intenses, avec beaucoup de pièges techniques qu’il fallait bosser.
Le contexte dans lequel j’évoluais m’imposait d’être à mon maximum, à repousser mes limites. Et ça me plaisait car ça me faisait avancer et constamment découvrir.
Désormais j’enseigne, j’ai changé d’optique, et mes envies vont vers d’autres domaines de l’instrument. Je trouve tellement de plaisir à enseigner et partager le plaisir de l’instrument que ma virtuosité technique ne me manque pas trop, j’y reviendrai quand ça sera nécessaire , et quand l’envie sera là.

Pour en venir à l’aspect enseignement de la musique, étant un professeur expérimenté, quelle est l’erreur la plus fréquente que tu observes parmi tes étudiants, peut-être pas l’erreur, mais la difficulté que les gens rencontrent le plus souvent en apprenant la batterie ?

J’ai commencé à 18 ans à donner des cours bénévolement, assisté de mon professeur qui me guidait, me conseillait, il m’a été d’un grand soutien.

La difficulté principale reste l’impatience, beaucoup d’élèves veulent jouer leur tubes préférés assez vite. C’est un peu notre époque, cet aspect fast-food des choses, qui déforme la réalité de l’apprentissage.
C’est aussi la faute de certains professeurs qui séduisent les élèves en leur faisant jouer à la chaine des dizaines de morceaux, mais pour lesquels il n’y a aucune différence d’interprétation.
Je peux vous faire jouer 10 chansons sur 3 mois de cours, et vous dire « génial tu joues 10 morceaux », mais en fait ces morceaux se résument à 2 ou 3 rythmes différents, donc à très peu d’avancée dans la maîtrise de la batterie.

L’apprentissage ne se résume pas à jouer sur de la musique, c’est aussi travailler sa coordination, son indépendance, son timing, sa technique, son équilibre, beaucoup d’aspects plus ou moins marrant. Les éviter sans cesse vous fait juste perdre votre temps et votre argent.

J’ai eu ce qu’on peut appeler un mauvais prof pendant 4 ans, qui m’a enfermé dans sa vision de la batterie, et qui n’a corrigé aucun des défauts que j’avais ( gestuelle, technique etc..). Bien sûr je ne m’en rendais pas compte mais je peux vous dire que lorsque j’ai changé de prof ça m’a fait très mal de réaliser tout le temps perdu. Heureusement j’ai eu un excellent enseignant par la suite, Christophe Bahri, qui m’a énormément appris en peu de temps. Il a été à mon écoute et a rectifié pas mal de mes lacunes.

J’essaie donc de satisfaire cette impatience des élèves à jouer en musique tout en insistant sur l’importance du vocabulaire de l’instrument, ses aspects techniques, mécaniques, mélodiques. Tous indispensables pour être totalement libre par la suite.

Jouer de la batterie c’est comme communiquer. On peut être clair et concis avec trois mots, mais lorsque nos idées sont plus subtiles on est content de pouvoir user de nuances, d’effets de styles, etc… Pour les exprimer.

Quels sont les points sur lesquels tu insistes le plus ?

Sans aucun doute la créativité. C’est l’élément qui fait la différence selon moi.

J’ai toujours mal au cœur lorsque je vois des batteurs qui après des années d’apprentissage ne savent jouer qu’à la partition ou sont bloqués à l’idée d’amener une idée personnelle.

La partition est un formidable outil, mais l’oreille, l’imagination, le mémoire le sont tout autant.

Jouer d’un instrument comme la batterie c’est savoir taper le bœuf, jammer, improviser, composer, écouter, reproduire. Ça ne s’arrête pas à interpréter ou recopier, et heureusement !
J’ai donc intégré la créativité et la composition à ma pédagogie. ça passe par la prise d’initiative, l’imagination, la prise de risque, la connaissance technique bien sûr, la curiosité, la mémoire et la bonne utilisation des outils.
Le batteur n’est plus un simple interprète qui exécute bêtement une partition, ce que j’ai vécu et ce que j’ai vu trop souvent dans différentes écoles.
Il y a tellement d’outils et de chemins différents pour arriver aux mêmes objectifs qu’il est selon moi contre-productif d’enfermer l’élève dans le cadre pédagogique strict de la partition « à tous prix ». J’essaie donc de jongler avec tout ça, tous les médias, les chemins possible pour arriver à la dernière étape, jouer en groupe, composer, s’éclater sur scène etc….

Quelle est ton approche de l’enseignement de la batterie ? On a déjà un peu abordé ça, mais, est-ce que tu suis une méthode de batterie, quelle est ta façon d’enseigner ?

Comme je disais, deux aspects importants pour moi :

La technique qui permet de maîtriser l’instrument, en découvrir les subtilités.

La créativité, qui permet de s’approprier la technique pour qu’elle réponde le plus fidèlement possible à toutes ses idées. C’est ce que font tous les compositeurs, ils ont une idée, un sentiment à exprimer, et ils vont chercher les outils adéquats pour y répondre.

Je m’adapte à chaque élève, c’est ce qui est justement passionnant. Je n’ai pas envie de faire de la routine, les mêmes exercices, le même programme, les examens et blablabla… surtout pas. Au contraire j’ai plaisir à me renouveler, me mettre en doute, m’adapter et accompagner l’élève.

Je sais que je fais des erreurs, je doute parfois, je tatônne car chaque élève est nouveau, unique, mais ces erreurs font grandir, elles m’apprennent à découvrir à qui j’enseigne. C’est primordial pour moi de savoir que je ne sais rien lorsqu’un nouvel élève arrive à la Bat’ School, c’est ce qui va me pousser à l’écouter et adapter mon enseignement.

J’ai une centaine de méthodes à disposition, j’y pioche les concepts essentiels en visant les exercices qui me plaisent le plus, ceux que je trouve les plus efficaces et « parlants » pour l’élève.

La méthode qui pour moi rassemble les domaines importants le plus judicieusement, reste celle de Franck Aghulon, le « drumbook ».
Franck, qui est un batteur que j’admire, y a mis tout son savoir, et je peux vous dire que c’est un vrai trésor pédagogique.

Suite à ce coup de cœur j’ai demandé à Franck d’être le parrain pédagogique de l’école, ce qu’il a accepté, il est précieux de part son talent et sa générosité.

Quel est ton conseil le plus important pour l’apprentissage de la batterie ?

Du point de vue pédagogique, c’est la régularité de l’entrainement. Il n’y a que ça qui paie, jouer un peu tous les jours, même 10mn, vous fera dans tous les cas avancer plus vite que jouer ponctuellement 3 heures d’affilée. Avoir une bonne routine d’entrainement est primordial si on veut avancer efficacement. Et être curieux derrière sa batterie !

Du point de vue humain je dirai patience, humilité, plaisir.
Ne pas complexer, oser jouer son plaisir quoique puissent en dire les autres. Rester humble, il n’y a pas de meilleur, pas de pire, la mauvaise attitude serait d’entrer en compétition ou jalouser.
Il suffit de regarder sur le net, il y a des talents immenses, de tous âges, qui s’éclatent.

Avoir la grosse tête parce que les copains ou l’entourage vous disent que vous êtes « trop fort » c’est le meilleur moyen pour devenir un mauvais musicien.

Rester conscient de ses limites pour toujours être à l’écoute et prêt au partage. J’ai énormément appris en croisant d’autres batteurs sur des tournées ou en concert.

Nous avons tous nos difficultés, il faut juste les affronter, la récompense est souvent immense et nous aide à aller toujours plus loin, toujours ouvrir une porte pour en découvrir d’autres.

La musique est un art, un terrain de jeu, un divertissement, mais rien de plus.

Et toi, comment entretiens-tu ta technique, tu as une routine ?

Actuellement je n’ai pas beaucoup de temps pour m’entrainer donc j’optimise en travaillant mes priorités. La gestuelle, la dynamique de jeu, la respiration.
Et quand je peux installer une routine c’est 2h par jour, pas le temps de faire plus.
J’ai encore énormément de choses à apprendre, c’est sans limite, donc il suffit d’aller vers ses besoins et envies du moment, et de trouver les exercices adéquats.

Souvent quand je vois ce que je sais et ce que j’aimerai savoir, je me dis qu’il faudrait des centaines de vies pour y arriver. Alors je regarde et j’admire ceux qui savent le faire.

A ton avis, qu’est-ce qu’un bon batteur, quelles sont les qualités requises pour devenir un bon batteur ?

L’humilité, la curiosité et la personnalité musicale. C’est ce qui fait je pense la différence, et ce qui vous donne le maximum de chances pour vous éclater avec des musiciens.

Pour moi un bon batteur sera celui qui me surprendra, qui trouvera les bonnes idées, qui ne se contentera pas d’accompagner un groupe juste pour attendre un cachet. Celui qui sera agréable en tournée, ouvert d’esprit, tous ces aspects se retrouve dans le jeu du batteur. J’ai tendance à aimer les batteurs généreux et surprenants, et de ce que j’ai pu constater en métropole ce sont ces aspects qui sont souvent recherchés. Ne soyez pas transparents !

Difficile donc de décrire un bon batteur .Ça va au delà de la technique, je veux juste écouter son jeu, comment il accompagne, et s’il raconte une histoire, qu’elle me plaise ou non, alors pour moi il a réussi son pari.

Le style de musique… Quel est ton style de musique préféré, qu’est-ce qui t’inspire le plus, dans quel style tu trouves le batteur qui t’inspire le plus ?

J’aime le rock en général, j’ai toujours baigné dedans. Mais parler de style ne veut plus dire grand chose, j’aime les artistes qui brassent tout ça, les mélanges, les surprises.
Je n’aime pas la sagesse, donc quelques soient les styles je vais être séduit par ceux qui repoussent les limites, quitte à diviser le public.
Les artistes qui cherchent à plaire, consensuels, ont tendance à m’ennuyer.
Ça ne m’empêche pas d’aimer beaucoup de tubes, je ne suis pas élitiste, je m’éclate autant avec un bon Bruno Mars ou un bon Muse qu’avec un groupe obscur qui fait des morceaux de 20mn quasi improvisés.

Si je devais faire un top 5 des artistes musicaux qui m’ont influencé je citerai TOOL, PORCUPINE TREE, SIGUR ROS, JOHN ZORN et MESHUGGAH.

Quel est le batteur qui t’impressionne le plus ?

Artistiquement c’est Dany Carey, batteur américain du groupe TOOL. Sa créativité, sa musicalité, sa connaissance, je me suis beaucoup intéressé à lui, je le trouve fascinant. J’adore le groupe dans lequel il joue, j’adore ses idées, sa puissance sur scène. C’est un groupe qui est très lié à l’art en général, j’ai énormément appris dans beaucoup de domaines en écoutant et en fouillant les messages de leur musique.

Après il y a d’autres batteurs que j’aime beaucoup bien sûr, pour différentes raisons.

Qu’aimes-tu écouter en ce moment ?

Sigur Ros, groupe islandais, musique très planante, magnifique, ça me repose de mes journées. Ils ont eux aussi une démarche artistique intéressante, un son unique, une grande originalité. Certains trouvent ça triste, d’autre trop lent, personnellement j’y trouve une grande sérénité, et énormément d’émotions.

Quels sont tes projets en cours ou à venir ? Des trucs sur lesquels tu travailles ?

Mis à part les cours, j’ai une formation de percussions urbaines, « les tambours du fenua ». On prépare un spectacle qui aura lieu d’ici quelques mois.

Je suis aussi sur l’organisation d’un échange pédagogique avec Jean-Philippe Fanfant, batteur de Christophe Maé, The Voice, Bertignac, Kassav etc…
Je l’ai invité à venir pour partager avec des musiciens locaux à travers un spectacle hommage à Michael Jackson, qui aura lieu au grand théâtre le 23 octobre.
Il viendra aussi pour une master class et des cours privés avec mes élèves.
Mes journées sont donc actuellement bien remplies !

Sinon je joue aussi dans un groupe rock-metal sur Tahiti, on compose, c’est important pour moi. Je n’aime pas faire que des reprises, j’en ai pas l’habitude (sauf pour m’entrainer), monter un groupe pour ne faire que des reprises n’a pas de sens selon moi. Donc dans ce groupe ( Manipura) on se réunit pour composer, ça demande beaucoup de travail, de remises en questions, mais c’est ce qui nous plaît je pense.

Questions de fin d’interview :

Ton livre préféré ?
« La maison des feuilles » de Mark Z. Danielewski, ce livre ( et cet auteur) m’a bouleversé, prise de risque maximum, mise en page originale, récit dantesque, grosse claque pour moi.

Ta citation préférée ?
I believe that music is a force in itself. It is there and it needs an outlet, a medium. In a way, we are just the medium. (Maynard James Keenan)

Ton film préféré ?
Tree Of Life de Terrence Malick. Tous les thèmes abordés dans le film, la mise en scène du réalisateur etc… parfait pour moi.

La question qu’on a oublié de te poser ? Tu aurais pu me demander les musiciens que j’apprécie ici, qui m’inspirent le plus. Je t’aurai répondu qu’il y a beaucoup de talents à Tahiti, et des musiciens passionnés.
AU niveau de la batterie j’adore le jeu de Kae Drollet pour ceux qui le connaissent. Il a un jeu extra et il est très humble ! Quand je vois son niveau musical et son ouverture d’esprit, son travail, ça me conforte dans l’idée que toutes ces valeurs sont liées. Il est celui que je préfère entendre jouer sur le Fenua, mais tout ça n’est que question de goût !

D’un point de vue musical, j’aime les gens qui se bougent et qui créent, j’adore Michel Poroi, sa gentillesse, et quelle musicalité ! Felix Vilchez aussi qui fait beaucoup pour les musiciens à Tahiti. Bref il y a vraiment des talents qui ont une attitude de partage, ce ne sont pas forcément ceux que l’on voit le plus malheureusement, mais ce sont ceux qui m’inspirent et que j’aime aller écouter.
J’en profite pour vous remercier de m’avoir contacté et avoir ouvert une tribune qui permet de parler musique sous différentes formes !

Crédit photo : Smartshot. Made in Tahiti


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