Wonder Woman, la super-héroïne enfin sur grand écran

Wonder Woman est un film important pour deux raisons principales. La première, c’est qu’il se doit de sauver le DCEU critiqué aussi bien par les médias que par le public, de relever le niveau avant un Justice League crucial pour le studio. Sur ce point, c’est réussi.

La deuxième raison est plus importante encore : c’est le premier blockbuster super-héroïque de cette ampleur à mettre une femme en avant. Plus, le film en lui-même est réalisé par une réalisatrice, Patty Jenkins (Monster). Une donnée qui impacte forcément le résultat final, notamment dans son propos. Le film distille subtilement et intelligemment son propos féministe, ce qui aura le mérite de faire passer le message même auprès des nerds graisseux qui éructent « féminazi ! » dès qu’une femme ose faire valoir ses droits les plus élémentaires.

Car c’est bien là la grande force de Wonder Woman : livrer un blockbuster qui, fait rare, ne prend pas les femmes pour de simples outils scénaristiques, de simples motivations pour un héros masculin. Patty Jenkis fait honneur à l’amazone en faisant d’elle un modèle de courage et de justice, qui non seulement est prête à mourir pour défendre les plus faibles, mais arrive également à inspirer les personnes autour d’elle. Une femme forte qui évite même le cliché de la Mary-Sue, puisque Jenkins insiste également sur le côté candide, voire naïf, d’une femme qui découvre un monde dominé par des hommes. Une écriture qui aurait mérité toutefois un peu plus de soin (on passe d’un extrême à l’autre sans crier gare) mais qui fait tout de même de Diana un personnage plaisant à suivre.

La scène du no man’s land est la meilleure du film

Dans son déroulement, Wonder Woman reprend les formules qui ont déjà fonctionné, surtout chez la concurrence. Nous racontant une histoire à mi-chemin entre celle de Thor et de Captain America (une déesse qui quitte son confort pour se plonger dans la guerre moderne), le film de Patty Jenkins réutilise tous les poncifs du genre, et ne surprend donc jamais. Fait amusant, Jenkis avait d’ailleurs été désignée pour réaliser Thor 2 en 2013 avant d’être remplacée par Alan Taylor.

Suivant un plan préétabli qui ne dévie jamais, Wonder Woman alterne entre scènes d’action musclées (et maquillées avec moult effets spéciaux) et scènes d’exposition où nos protagonistes enchaînent les vannes étonnamment légères dans un film DC. Du classique qui ne surprend jamais, mais qui a le mérite d’être efficace et surtout bien exploité. Ce Wonder Woman a, fait étonnant, les qualités et les défauts d’un film Marvel Studios classique.

Comme dans Thor 1, le film joue sur le décalage entre notre héroïne et le monde qui l’entoure

Patty Jenkis arrive en effet à donner une certaine impulsion à son récit, notamment en jouant sur la relation Diana/Trevor et en parsemant la quête de notre héroïne de scènes d’action très bien fichues et rythmées qui collent le spectateur à son siège (la scène du No Man’s Land risque de rentrer dans les annales). On regrettera certes leur rareté, mais elles ont le mérite d’insister sur le fait que les actions de notre héroïne sont extraordinaires.

Le film n’est pas pour autant exempt de défauts, loin là. On pourrait pointer du doigt une mise en place un peu longuette, des personnages secondaires trop peu exploités (on aurait aimé plus de Samir !), des méchants bidons voire un contexte historique traité par dessus la jambe (les passionnés d’histoire verront souvent rouge), mais tout cela ne serait que du chipotage face au problème majeur du film : un troisième acte bâclé.

La relation entre Diana et Trevor est l’un des moteurs du film

Dans ses vingt dernières minutes, Wonder Woman retombe dans les travers des films du DCEU en transformant le combat final (arrivant comme un cheveu sur la soupe) en une bouillie de CGI aussi inintéressante qu’inutile dans le récit global. C’est comme si la production se devait de cocher « combat final de boss inutile » dans son cahier des charges. Cette fin guignolesque n’empiète pas sur les qualités du film, néanmoins, cela ne passe pas loin de gâcher l’expérience globale.

Verdict

Le DCEU tient son premier film modèle, et il était temps ! Classique dans sa construction et dans sa façon de raconter l’origine de l’héroïne, il est cependant sincère dans son approche et dans son propos. Wonder Woman est non seulement un divertissement efficace (excepté son atroce fin), mais un film important dans le paysage des blockbusters dominé par la testostérone. Un film DC qui met enfin d’accord critiques et fans et qui prouve que DC a enfin trouvé la formule gagnante. Il ne reste plus qu’à transformer l’essai avec Justice League.

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