10 signes qui montrent que vous êtes accro à Facebook

10 signes qui montrent que vous êtes accro à Facebook

Facebook, depuis son lancement en 2004, a peu à peu pris une place centrale dans nos existences, redéfinissant peu-à-peu le rapport à l’autre et à soi-même, transformant notre quotidien, continuum ponctué ou emporté par la résonance du flux d’actualité du réseau social. Contacts amicaux ou professionnels, agendas, informations, divertissements, démonstrations artistiques ou militances politiques, ses applications sont nombreuses et en constante évolution. Mais, psychologue clinicien, je remarque aujourd’hui en consultation, l’apparition de troubles psychiques directement en lien avec l’utilisation intensive de ce média telle que l’anxiété, la dépression, l’insomnie ou encore la diminution des facultés cognitives. Il est nécessaire de connaître ces nouvelles formes de dépendances et leurs conséquences. Voici 10 signes, 10 indices d’un rapport potentiellement altéré à Facebook.

1. Vous connecter est la première chose que vous faites le matin

Le premier réflexe matinal, même effectué dans la plus grande indifférence, alerte dans nombre d’addictions sur la transition entre une économie psychique fondée sur le plaisir, à la dynamique du besoin, propre à la dépendance. Dans ce fonctionnement, la conduite addictive précède rapidement toutes les autres: première action avant et après manger, première lorsque l’on allume son portable, première en sortant du sport ou du cinéma…

2. Et la dernière le soir !

Vous vous connectez une dernière fois avant d’éteindre votre ordinateur, avant de quitter le travail, avant d’aller manger, avant d’aller dormir… Ainsi, le temps s’écoule circonscrit dans une enclave dont Facebook fixe les limites. Cette temporalité déterminée par le réseau social trahit l’angoisse sous-jacente qui en contraint l’usage: « L’individualisation des parcours, l’approche de temporalités dites connexionnistes, où domine le court terme, entraînent un sentiment d’incertitude et d’insécurité vis-à-vis de l’avenir et occulte de plus en plus le présent. » (Le Garrec), Facebook intervient comme un remède miraculeux, contraphobique, un fétiche qui contient et contrôle le temps. N’avez-vous pas toujours envie de le repousser d’ailleurs? Allez quelques minutes encore, même si dans le fond il n’y a rien d’intéressant à voir, même si le sommeil commence à manquer…

3. Le wilfing

Ce terme désigne l’errance que l’on effectue sur le web, de site en site, sans destination ou objectif précis. Sur Facebook, il devient plus précisément le scrolling, qui consiste à faire défiler indéfiniment les statuts et les liens partagés (sans jamais les ouvrir), on like au hasard, comme dans une transe étrange, une valse cotonneuse où la notion de temps est cette fois-ci intégralement abolie. Le temps de l’angoisse, ce qui nous rappelle à notre mortalité, se voit ainsi dilapidé, suspendu dans ce simulacre de sentiment d’éternité. Pourtant, lorsque la personne quitte l’écran et réalise les instants et les opportunités perdus, l’angoisse, inexorablement, la rattrape.

4. Gérer vos émotions devient plus difficile

Un statut ou un commentaire qui ne vous plaît pas, un message privé qui vous a vexé… et c’est le déchainement pulsionnel! Cette difficulté à secondariser vos affects peut signifier une perte de distance notable avec le média, son investissement massif amène à s’y engager narcissiquement, à se confondre avec lui. Le pare-excitation, cette membrane symbolique protégeant le psychisme des excitations exogènes et endogènes se trouve fragilisé et le sujet souffre alors d’une plus grande porosité affective, ce qui dans la « vie réelle » le toucherait à peine, l’écorche sur le réseau.

5. La fenêtre Facebook est ouverte en continu en arrière-plan sur votre ordinateur

L’omniprésence du réseau social à chaque instant de votre vie révèle également l’engagement narcissique susmentionné, son rôle de « prothèse du Moi » (Le Breton). Au moindre « bip » vous n’hésitez pas à vous ruer vers votre page pour découvrir l’origine de la notification. Une altération de la qualité de votre travail et des délais d’exécution, un affaiblissement de votre créativité, un sentiment d’incompétence qui gagne en importance figurent quelques-unes des conséquences de cette vigilance constante.

6. Sans Facebook vous déprimez

Vous évitez les situations où vous ne pouvez pas vous connecter mais lorsque cela arrive, vous ressentez une forme de dépression passagère (impression d’isolement ou de solitude, humeur maussade, ralentissement psychomoteur…). L’objet de toute addiction visant à combler un manque (qu’elle a elle-même crée ou qui préexiste à la rencontre avec l’objet), sa suppression laisse alors entrevoir les angoisses de pertes d’objet qu’il visait à camoufler. De la même manière, Facebook dispose de cette fonction antalgique, analgésique, on oublie ses problèmes en scrutant ce qui défile dans le cadre de la fenêtre bleue, on s’oublie soi-même, quelques instants, le monde semble faire moins mal. C’est pourquoi vous n’imaginez plus votre vie sans le réseau. Sans lui tout serait trop ennuyeux, vide et terne, n’est-ce pas?

7. Vous fréquentez moins vos proches

De plus en plus de personnes préfèrent rencontrer l’Autre sur Facebook, chatter plutôt que sortir « en vrai ». Cette diminution des relations interpersonnelles peut surprendre lorsqu’il est question d’un réseau social sacralisant le lien et le partage avec autrui, et pourtant comme j’ai eu l’occasion de l’écrire dans « Le nouveau choc des générations « : « l’image a supplanté la relation sociale en tant que dualité car c’est vers elle que le sujet se penche. C’est elle qu’il regarde. Ce n’est pas la rencontre de l’autre qui séduit mais de saisir son représenté, d’observer des parcelles de sa vie, des fragments de son être ». Si l’alter-ego, saisit un important quantum d’affect et prime sur l’égo, il en va de même pour les autres, plus investis dans leur virtualité que dans la sphère du réel. Il arrive qu’une personne dépendante préfère ainsi l’intimité sécure du réseau social plutôt que celle tissée avec son conjoint.

8. Lire vous coûte plus d’effort

Des études récentes de neuroscientifiques cognitivistes ont démontré que la lecture par survol à (laquelle finit par contraindre Facebook) détériore et les habitudes de lecture et les ressources mentales qui en garantissent la capacité (cf. étude de Maryanne Wolf). Sur un plan clinique, on note, sous le primat de l’image, un affaiblissement de la capacité de rêverie et un fléchissement de la pensée. (Castarède).

9. Votre vie se construit autour de Facebook

Et vous peinez à inverser le cours des choses puisque vos tentatives pour diminuer ou cesser vos connections se sont soldées par des échecs. Si vous constatez que vous passez plus de temps en ligne que vous ne projetiez de le faire, si vous négligez d’autres domaines de votre existence (emploi, travaux domestiques, éducations des enfants…), si vous préférez checker vos notifications plutôt que d’accomplir d’autres tâches pressantes, si quand vous n’êtes pas en ligne vous y pensez et que vous aimeriez vous connecter, c’est peut-être qu’outre le temps accordé au réseau, c’est la nature même de votre investissement, la qualité du quantum d’affect qui a évolué.

10. Vos proches se plaignent de votre pratique de Facebook

C’est un indice bien entendu négligé par la personne dépendante qui maintient sa consommation à l’aide du déni de l’amplitude de celle-ci. Un témoin extérieur, non englué dans une addiction similaire, peut souvent attester d’un excès auquel l’addicté n’a pas intellectuellement accès. Si vous ressentez de l’agacement, si vous vivez comme un reproche les observations de votre entourage sur votre pratique, voire si vous vous mettez en colère lorsque l’on vous interrompt, peut-être est-ce le signe de votre trop grande inclusion dans le réseau social. Il en va de même pour toute dissimulation.

J’ai focalisé mon analyse sur Facebook mais il serait bien sûr possible de l’adapter à d’autres réseaux sociaux. Ces quelques indices sont loin d’être exhaustifs mais devraient vous permettre d’engager une réflexion personnelle sur votre rapport à ce réseau social dont l’utilisation immodéré peut conduire à une réelle détérioration de la qualité de vie. Si vous vous reconnaissez dans ces items, si la souffrance psychique a pris le pas sur le plaisir, si le réflexe domine la démarche raisonnée, si vous ne vous reconnaissez plus tout à fait, peut-être est-il temps de faire une pause! Et d’en parler.

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