Facebook pourrait bien sauver des vies

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Le réseau social s’engage pour prévenir le suicide chez ses utilisateurs avec un outil fondé sur l’entraide.

Ma voisine est « bipo », et Facebook l’a détectée . Comment il le sait ? De la même façon qu’il connait mieux que nous nos marques fétiches et qu’il sait quel est notre série  préféré : grâce aux algorithmes chéris des publicitaires et à la grande mode du retargeting. C’est incroyable la technologie, surtout quand des psychiatres décident de s’en emparer pour repérer leurs futurs patients…

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Lorsque Carrie Simmons fait défiler son fil d’actualité Facebook un jour de 2014, elle n’imagine pas qu’elle va sauver la vie d’un de ses amis. Mais en lisant le poste inquiétant d’un camarade lycéen, elle décide de prévenir la police, qui le trouvera vivant dans sa voiture, tenant un pistolet chargé contre sa tempe.

C’est ce genre de miracles quotidiens que Facebook veut désormais multiplier. Le réseau social est conscient qu’il accueille beaucoup de messages de personnes en souffrance derrière lesquels se cachent des appels à l’aide. Ses équipes ont donc développé à l’international un outil de prévention des suicides qui n’existait jusqu’alors que pour sa version anglophone.

Une équipe de chercheurs en informatique canadiens a donc eu l’idée de mettre un point un algorithme issu de l’intelligence artificielle, et capable de décrypter les émotions.

Le système marche en deux temps. Les utilisateurs peuvent signaler les messages de leurs amis laissant imaginer des pensées suicidaires. Après consultation du message par une équipe dédiée et disponible 24 heures sur 24, Facebook proposera à l’ami bienveillant des conseils pour s’adresser à la personne tentée par le suicide et la guider sans la brusquer.

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L’ami dont le message a été signalé verra aussi à sa prochaine connexion s’afficher un menu lui proposant des lieux et des méthodes pour se faire aider. Aux États-Unis, ces conseils ont été répertoriés avec l’aide de plusieurs associations et organisations, parmi lesquelles Now Matters Now, Forefront et Save. Le réseau social peut discuter avec cet utilisateur et lui propose aussi de contacter un ami. Mark Zuckerberg nous veut (enfin) du bien.

Basé sur le même principe que la pub ciblée qui analyse nos recherches et interactions online, cet outil aurait aussi pour objectif de déceler de possibles tendances anorexiques, paranoïaques… souvent exprimées sur les réseaux sociaux de façon visible, mais aussi de manière plus complexe. Tu ne regarderas plus les nouveaux émoticônes de réaction sur Facebook du même œil.

En plus de ces émoticônes et autres likes, des psychologues et psychiatres ont établi une liste de mots clés, qui servira de grille de recherche à l’intelligence artificielle. Cette dernière construira ensuite des schémas et évoluera en fonction des contextes qu’elle sera amenée à croiser. Pour simplifier, elle devra masteriser un filtre anti-ironie, pour ne pas voir dans le récit de vos hangover répétitifs, une tendance boulimique aggravée.

Les applications réelles de cet algorithme pourront être multiples, mais les chercheurs ont déjà imaginé un fichier S du malade mental. Les profils détectés seront envoyés à des psychiatres et psychologues pour un “suivi discret” ou une prise de contact. Il va vite falloir se calmer avec nos photos fièrement sous-titrées « Je suis un gue-din » ou « Soirée de ouf », ça risque de mal tourner…


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