Fenua Action News : Toute l’actualité sur la Cop 21 2015

La 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc), aussi appelée Cop 21  2015  se déroulera entre le 30 novembre et le 11 décembre 2015 au Bourget.

Cette conférence réunira les représentants de 195 pays de la planète et de l’Union européenne pour tenter de trouver un accord international sur le climat en vue de limiter son réchauffement en deçà de 2°C par rapport au niveau des températures de l’ère préindustrielle (vers 1850).

Applicable en 2020, cet accord est primordial car il conditionnera le cadre de vie de la planète menacé par un dérèglement climatique dont personne ne mesure réellement les conséquences : sécheresse, tornade, typhon, baisse des productions agricoles etc.

« Nous sommes la première génération à prendre conscience du réchauffement climatique de la planète et la dernière à pouvoir agir pour le limiter », a déclaré Laurent Fabius qui sera le futur président de la Ccnucc. « Après, il sera trop tard ».

La Polynésie Française participera à la Cop 21 2015,  si vous souhaitez approfondir et mieux comprendre les sujets du climat et de l’environnement, Fenua Action News vous propose des explications tous les dimanches soir sur TNTV.

Sept questions, sept réponses sur le rechauffement de la planète.

1. Quel est l’état actuel du réchauffement climatique ?

Depuis le début du XXème siècle, la courbe des températures moyennes affiche un profil en dents de scie qui grimpe inexorablement. Ces températures moyennes se sont pour l’instant accrues de 0,8°C.

2. Par quel phénomène physique se produit le réchauffement ?

La température moyenne d’une planète résulte d’un équilibre entre l’énergie qu’elle reçoit du soleil et de la quantité de celle qu’elle ré-émet vers l’espace. Si les deux quantités sont égales la température de la planète reste stable. Pour que la température augmente, il faut soit que la planète reçoive une quantité plus importante d’énergie, soit qu’elle en ré-émette moins vers l’espace.

C’est ce second phénomène qui est vraisemblablement à l’origine du réchauffement climatique. En s’accumulant dans l’atmosphère, les gaz à effet de serre (CO2, méthane, dioxyde d’azote…) émis en quantité toujours plus importantes par les activités humaines, absorbent une partie de l’énergie solaire réfléchie par la Terre. Cette énergie n’étant plus émise vers l’espace contribue à l’augmentation de la température de la planète.

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3. Est-on certain que le changement climatique est provoqué par les Gaz à effet de serre ?

La question est d’autant plus pertinente que de nombreux paramètres influent sur la quantité d’énergie que reçoit ou ré-émet la Terre. La distance Terre-Soleil varie lorsque notre planète se déplace sur son orbite elliptique, l’inclinaison de l’axe terrestre, à l’origine des saisons, joue également sur la quantité d’énergie reçue par chaque hémisphère. Sans parler des bouffées d’énergies dégagées par de brutales et ponctuelles éruptions solaires.

Les modèles développés par les climatologues pour prédire l’évolution des températures moyennes sont d’une incroyable complexité, et de ce fait présentent toujours une marge d’incertitude. Tous ces modèles sont capables de reproduire l’augmentation constatée des températures en tenant compte uniquement de l’accroissement de la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. En revanche, lorsqu’ils jouent sur d’autres paramètres ils ne parviennent pas à reproduire le réchauffement qu’ils contatent. De ce fait, le GIEC considère qu’il y a 99% de chances que l’augmentation des concentrations des gaz à effet de serre dans l’atmosphère soit à l’origine du changement climatique sur la planète.

4. Est-ce un mal s’il fait plus chaud ?

Une température plus élevée implique une évaporation plus importante de l’eau à la surface de la Terre. La vapeur d’eau ainsi générée (qui contribuera elle-aussi à accentuer le phénomène d’effet de serre) va donc être à l’origine d’une pluviométrie plus importante à l’échelle de la planète. Mais cette pluviométrie ne sera pas homogène, prévient le GIEC qui craint que les pluies ne deviennent diluviennes dans les régions humides, tandis que les régions arides le seront encore plus.

« La part de la population mondiale confrontée à des pénuries d’eau ou affectée par d’importantes inondations va s’accroître avec le niveau du réchauffement au 21e siècle », souligne le dernier rapport du GIEC. Et cette réduction « significative » des eaux de surface et souterraines dans la plupart des régions subtropicales sèches, s’accompagne d’une baisse notable de sa qualité.5274554-7871172

5. Concrètement, le changement climatique a quel effet là maintenant tout de suite ?

Les effets du réchauffement se manifestent de différentes manières :

– L’élévation des températures entraîne la fonte globale de la calotte glaciaire. La situation est très claire et très visible en ce qui concerne le pôle Nord, dont les glaces perdraient chaque année 375 kilomètres cube. Au Pôle Sud, la situation est un peu plus complexe car à chaque cycle de glaciation, certaines parties de la banquise reculent tandis que d’autres s’épaississent. Globalement, les glaces de l’Antarctique semblent être moins sensibles que celles du Groenland aux effets du réchauffement climatique. Mais globalement, le bilan des pertes semble être négatif.

En conséquence, on constate qu’entre 1901 et 2010, le niveau moyen des mers à l’échelle du globe s’est élevé de 19 centimètres. Selon les estimations actuelles, si tous les glaciers dans le monde fondaient complètement, cela ferait monter le niveau des océans d’environ 61 centimètres. Une fonte totale des glaces du Groenland entraînerait une montée de 6,1 mètres des océans et celle-ci atteindrait près de 61 mètres si la calotte glaciaire de l’Antarctique fondait.

Les scientifiques constatent également une augmentation globale de l’acidification des océans, conséquence directe de l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. En effet, les océans sont des puits naturels de carbone, ils en absorbent quotidiennement 22 millions de tonnes. Ce CO2 est ensuite transformé dans l’eau en acide carbonique. Le pH moyen des eaux était de 8,15 durant la période préindustrielle, et maintenant il a chuté autour de 8,05. Et ce phénomène impacte de plein fouet de nombreux organismes (les coraux par exemple) et bouleverse les écosystèmes marins. Certaines espèces comme l’ophiure, un organisme marin proche de l’étoile de mer, sont directement menacées d’extinction.20070724.FIG000000010_379_1

6. Est-il vrai que le réchauffement climatique entraînera plus de catastrophes naturelles ?

Il est trop tôt pour l’affirmer avec certitude. Des catastrophes naturelles telles que des inondations, des tempêtes ou des sécheresses dramatiques frappent chaque année. Mais d’une année à l’autre, leur nombre varie grandement. De de fait, le lien de cause à effet entre réchauffement climatique et augmentation de la fréquence des catastrophes climatiques n’est pas établi. Le rapport du GIEC est d’ailleurs assez circonspect sur ce sujet et indique que le degré de confiance que l’on peut accorder à un lien entre le changement climatique global et la fréquence des catastrophes climatiques est généralement assez faible. Le GIEC ne se prononce donc que sur certains événements, de manière localisée. Il semble que les sécheresses dans le sur de l’Australie soient de plus en plus intense et plus longues, et que les épisodes cycloniques soient eux aussi de plus en plus puissants en Atlantique Nord.

7. Qu’est ce qui nous attend et que peut-on faire ?

Cette question est sans doute la plus incertaine de toutes. Non seulement les modèles du GIEC présentent une marge d’incertitude, mais en plus, l’avenir dépend grandement de la manière dont nos sociétés vont s’efforcer ou non de réduire les émissions de gaz à effet de serre qu’elle génèrent. Mais l’écrasante majorité des scénarios tablent sur une augmentation des températures d’au moins 1,5 à 2°C.

La question n’est donc plus tellement « comment échapper au réchauffement climatique ? » mais plutôt « comment peut-on y faire face ? ». Diminuer dès à présent les émissions de gaz à effet de serre contribuera à limiter l’ampleur du changement climatique et donc celle des adaptations nécessaires.

Quant aux mesures d’adaptation, le GRAIE en liste plusieurs parmi lesquelles :

  •  Limiter au maximum le gaspillage de l’eau potable et pousser plus avant les dispositifs permettant de réutiliser l’eau de pluie. Il existe des marges de manœuvre extrêmement importantes pour réduire la consommation, en particulier en modifiant les pratiques.
  • Cesser certaines pratiques telles que la climatisation des immeubles, et travailler plutôt sur leur isolation thermique pour assurer le confort de leurs habitants.
  •  Protéger les écosystèmes et les milieux. Travailler plus intensément sur le recyclage ou la réutilisation de l’eau. Rétablir la continuité des cours d’eau.
  •  Favoriser les pratiques agronomiques et culturales qui limitent le ruissellement de l’eau en surface et au contraire favorisent la pénétration de l’eau en profondeur dans les sols.
  •  Accroître le couvert végétal dans les villes pour les refroidir et limiter l’apparition d’îlots de chaleur urbains.

Sources : Sciences et avenir


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