Jusqu’à quel âge croire au Père Noël ?

Chaque année, c’est la guerre à l’école. « J’ai vu le Père Noël en ville ce week-end », raconte un petit garçon dans sa classe. « mais non  le Père Noel n’existe pas! » répond l’un de ses camarades. « C’est mon grand frère qui me l’a dit. » Et patatras, un rêve de brisé.

C’est arrivé à chacun de nos enfants et les voir rentrer de l’école totalement abattu par cette nouvelle nous a nous aussi laissé dans le désarroi…

On ne veut pas « casser le rêve des enfants ». On leur dit donc que nous aussi on y croit au Père Noël. Mais voici la question cruciale: quel est le bon moment pour annoncer cette cruelle vérité aux enfants?

Dominique Tourres-Gobert, psychiatre et psychanalyste rejoint cet avis, bien qu’il soit un peu plus tranché:

« Il n’existe pas d’âge idéal. Les enfants doivent suivre les questions que se posent les autres enfants. A un moment donné certaines croyances ne sont plus crédibles. Certains enfants sont très logiques à 5 ans, ils s’interrogent sur le fait que le Père Noël ne peut pas être présent partout à tous les endroits du monde. D’autres aiment ces croyances et souhaitent y croire plus longtemps. Il faut suivre la volonté de l’enfant. Cependant la croyance du Père Noël ne doit pas excéder l’âge de 8 ans. » explique-t-elle à Atlantico.

Même son de cloche chez Béatrice Copper-Royer, psychologue spécialisée dans la clinique de l’enfant et de l’adolescent:

« Jusqu’à huit ans, grand maximum. L’âge moyen est autour de six ou sept ans. Les enfants commencent dès le CP-CE1 à être rationnels et à raisonner. Ils sortent de la petite enfance, où l’imaginaire est tout-puissant et où les choses les plus extraordinaires sont possibles: pour eux, les fées, les dragons et le Père Noël sont bien réels. Mais après cet âge, ils commencent à distinguer l’imaginaire de la réalité. »

Les enfants commencent à se poser des questions vers 6 ou 7 ans, et il faudrait donc leur dire la vérité sans trop tarder à partir de 8 ans. Mais selon certain psychiatre, c’est bien trop tard. Il estime que les enfants peuvent longtemps rester dans l’illusion, mais que cela les empêche de se confronter au monde. La sentence est lourde: à l’en croire, il faudrait, dès les 4 ou 5 ans, sortir les enfants de leur torpeur imaginaire.

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La limite? L’âge de raison

Quoi qu’il en soit, il faut comprendre que cet âge limite, que nous situons aux alentours de 8 ans, correspond à ce qui succède à « l’âge de raison ». L’avis des experts, finalement, colle à une réalité bien naturelle: vers 7 ans, les enfants arrêtent d’y croire. Pas seulement au Père Noël, mais à tous les mythes et légendes qui ont constitué les plus beaux moments de leur enfance.

« Même si mes élèves de CM1 ne croient plus au Père Noël, ils aiment encore le dessiner, le colorier », confient les professeurs des écoles. Et d’ailleurs, les rares enfants qui n’ont pas cessé d’y croire sont « considérés comme des bébés ». Sans moqueries pour autant.

« A 6 ans, les enfants sont dans une phase imaginaire, à 7, dans une phase dite opératoire », indique Angélique Kosinksi Cimelière, psychologue clinicienne pour enfants et adolescents. C’est pourquoi il est rare que la croyance se prolonge au-delà. » L’âge de raison. Si cette expression peut sembler un peu désuète, c’est pourtant bien de cela qu’il s’agit. « C’est l’âge auquel on commence à raisonner ‘comme un grand’, explique Hélène Romano. Cognitivement parlant, on devient mûr. C’est par exemple à ce moment-là qu’on commence à faire la distinction entre la vie et la mort. »

Ainsi, quant à la limite de 4-5 ans tout s’explique. C’est l’âge de raison. Par rapport aux années précédentes, les enfants auraient évolué: ils ne reçoivent plus de matériau éducatif tel quel, sans le contester. Dès 4 ans, ils ne croient plus au Père Noël. Enfin, ils croient au Père Noël commercial, c’est-à-dire celui qui va satisfaire tout ce qui est écrit sur leur liste de cadeaux.

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Une étape de la vie

Que retenir de tous ces propos? Devez-vous, parce que votre dernier a 9 ans et y croit encore dur comme fer, lui déballer toute la vérité, cadeaux, cheminée, traîneau, pôle nord et compagnie? Pas forcément. Pour certains psychiatres ou psychologues, le vieux barbu au bonnet rouge est très important pour le développement général de l’enfant. « C’est un tremplin pour grandir, une étape vers le monde des adultes », explique Angélique Kosinksi Cimelière.

Bien plus encore, pour Hélène Romano, « l’enfant a besoin de rêver à quelque chose de magique. Il n’a pas besoin, en revanche, de savoir à quel point le monde est atroce. C’est bon pour lui de croire qu’un monde protecteur peut exister. »

Si la magie est au rendez-vous, pourquoi changer les choses ?

Source : Huffpost


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