La photo des jumelles en couverture de National Geographic brise les idées reçues

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Quelle est la meilleure façon de s’attaquer au racisme ? Reconnaître ses propres erreurs. C’est exactement ce que National Geographic cherche à faire dans son numéro du mois d’avril, en abordant le problème de la discrimination raciale.

« Je savais qu’en analysant le passé, il y aurait des histoires que nous ne raconterions jamais aujourd’hui, que nous n’aurions pas du faire  et dont nous ne sommes pas fiers », révèle Susan Goldberg, qui est la première femme et la première personne juive à occuper le poste de rédactrice en chef depuis la fondation de la revue en 1888.. « Si nous voulons parler d’appartenance raciale de façon crédible, nous ferions mieux de revoir la façon dont nous abordions ce sujet auparavant. »

Le prochain numéro de  National Geographic met en vedette des jumelles qui sont des sœurs biologiques mais dont l’apparence est très différente. Marcia et Millie Biggs sont toutes deux métisses, mais l’une a une carnation noire, l’autre blanche. Par elle seule, cette image montre bien l’absurdité du racisme et démonte toutes les pseudo-théories biologiques, car ces deux petites filles sont sorties du même ventre, le même jour, elles ont le même patrimoine génétique et pourtant, elles n’ont pas la même couleur de peau. Cette différence physique vient tout simplement du fait qu’elles sont nées d’un couple mixte. Ainsi Marcia ressemble plus à sa mère qui a les cheveux châtains et la peau claire, et Millie a les cheveux noirs et la peau brune de son père. Il est assez courant que des jumeaux dizygotes ressemblent plus à un parent qu’à un autre.

Le magazine révèle que les filles ont suscité une redéfinition de la race qui diffère grandement du stéréotype que National Geographic a contribué à perpétuer au fil des ans.

 » Jusque dans les années 1970, le National Geographic a ignoré presque tous les gens de couleur qui vivaient aux États-Unis, les mentionnant comme n’étant autres que des ouvriers ou des domestiques », explique Mme Goldberg. « Pendant longtemps, il imaginait les autochtones du monde entier comme des indigènes exotiques, des chasseurs heureux, de nobles sauvages  – ce type de cliché. »

Un numéro de la revue est allé jusqu’à qualifier les aborigènes de « sauvages » et les avaient classés  comme étant « les moins intelligents de tous les êtres humains ». Ou encore, en 1962, le photographe Frank Schreider montre aux hommes de l’île de Timor son appareil photo accompagné d’un texte du magazine qui, souvent, a publié des photos d’autochtones « non civilisés » fascinés par la technologie « civilisée » des Occidentaux, instillant des idées de hiérarchie entre les peuples.

« Les gens de couleur étaient souvent peu habillés, on ne les voyaient jamais dans une ville ni dans un environnement moderne », dit John Edwin Mason de l’Université de Virginie au sujet de la représentation par National Geographic des individus non blancs. « Les gens de couleur étaient souvent représentés comme vivant de la même manière qu’ il y a plusieurs centaines d’années, ce qui contraste avec les occidentaux qui sont toujours entièrement vêtus et souvent munis des derniers équipements technologiques « , a-t-il ajouté.

 

Regarder le passé devrait aider à déterminer un avenir meilleur. Susan Goldberg espère que cela est vrai pour National Geographic. Le rédacteur en chef espère que la série sur le racisme, qui durera un an, aidera à panser les blessures et à mieux comprendre tout le monde.

Toujours est-il que la photo de ces jumelles est particulièrement inspirante. Elle renvoie une image d’union et de fraternité, un message salutaire dans une période où les extrêmes regagnent du terrain.


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