Le poisson clown du pacifique est en danger

Le blanchissement des coraux est une conséquence déjà connue des dérèglements climatiques et du réchauffement des eaux. Une équipe de chercheurs du CNRS, installés en Polynésie, vient de montrer que les anémones de mer subissent le même sort et que cela affecte gravement la fécondité des poissons-clowns, une espèce qui dépend des anémones pour s’abriter et se reproduire. Pour le démontrer, les chercheurs ont profité d’un épisode de réchauffement provoqué par le courant El Nino entre 2015 et 2016. Une montée de un degré de la température a provoqué un blanchissement de la moitié des anémones étudiées. Dans les anémones transparentes, les poissons ont vu leur niveau de cortisol, l’hormone associée au stress, monter. Résultat : le nombre d’œufs viables a chuté de 73 %.

En comparant notamment 13 couples vivant sur une anémone ayant blanchi pendant plusieurs mois et d’autres vivant sur une anémone n’ayant pas été touchée, les chercheurs ont mis en lumière l’impact «en cascade» du réchauffement.

«Des prélèvements de sang sur les couples de poissons-clowns ont permis de constater une forte hausse des taux de cortisol, l’hormone du stress, et une baisse importante des concentrations en hormones sexuelles», provoquant ainsi une diminution de la fécondité, a expliqué dans un communiqué le CNRS, associé à l’étude.

«Ces liens, déjà établis dans des expériences de laboratoire, sont confirmés pour la première fois dans des conditions naturelles chez des poissons», a-t-il ajouté.

Et avec le réchauffement climatique qui contribue au blanchiment des coraux et des anémones dans le monde entier, «Nemo» risque de ne pas être la seule victime.

«Nous estimons que d’autres espèces associées aux anémones de mer et aux coraux pourraient répondre de façon similaire aux épisodes de blanchiment, ce qui se traduirait par des pertes importantes d’efficacité de la reproduction», selon l’étude.

«12 % des espèces de poissons côtiers en Polynésie française dépendent des anémones ou des coraux pour se nourrir ou se protéger des prédateurs», précise le CNRS.

«En cas de blanchiment prolongé, comme celui de la grande barrière de corail australienne en 2016 et 2017, c’est le renouvellement de toutes ces populations qui pourrait être affecté, et avec lui la stabilité des écosystèmes», s’inquiète-t-il.

Source : Le Monde


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