Borondo fait parler les murs

Gonzalo Borondo, connu sous le nom de Borondo est un ‘street artist’ Espagnol né à Madrid en 1991. Discret sur son identité, Borondo est peu représenté.

Enfant, il s’éprend du dessin et étudie auprès d’un vieux professeur la peinture à l’huile et les maîtres espagnols classiques comme Goya qui imprègnent son style figuratif.

A l’âge de 13 ans, Borondo expérimente avec le graffiti dans la rue et sur les trains. Il est fasciné par les lieux publics de son enfance qu’il envisage comme de pertinents espaces de communication. Son style prend forme après son installation à Madrid lorsqu’il s’intéresse de plus près aux silhouettes humaines et particulièrement à l’expression des visages.

Il s’oriente vers une formation académique aux Beaux-Arts, y apprend la peinture à l’huile, le fusain et s’envole pour une année à Rome dans le cadre d’un programme Erasmus à « l’Accademia di Belle Arti ». Cependant, peu satisfait de sa progression en tant qu’artiste, Borondo n’achève pas son cycle et se consacre pleinement à son art et ses voyages. Il découvre le travail d’autres ‘street artistes’ comme Banksy et Blu tout en avouant un faible pour Ernest-Pignon Ernest. Convaincu qu’une autre voie dans le ‘street art’ est possible, il s’emploie à casser les codes en vigueur et s’affranchit de la culture Pop et Hip Hop dominante. Il développe un style figuratif qui met en scène des personnages énigmatiques évoluant dans un univers mystique et inquiétant.

La fluidité dans les couches de peintures, non sans rappeler ses maîtres classiques, confère aux visages de ses créatures fantomatiques une palette d’émotions allant de la mélancolie à la tristesse. Efficace dans le geste, le rendu est à la fois puissant et très poétique.

Borondo : L’évolution vers de nouvelles techniques

Son pari est concluant, Borondo réinvente le ‘street art’ (aux cotés de son homologue Portugais Vhils) en boudant la traditionnelle sérigraphie au profit de nouvelles techniques comme le ‘ glass scratching’ , une autre facette de son travail.

Cette technique a l’avantage de le protéger des forces de l’ordre. Dans une interview donnée au site Street Art Venue, Borondo confie : – « C’est une astuce pour ne pas se faire arrêter par la police, je suis juste en train d’effacer de la peinture sur une  vitre ».

Borondo aime jouer la carte du lieu à fond. Il donne vie à des murs délabrés et gratte les vitrines des magasins laissés à l’abandon en raison de la crise. Il met un point d’honneur à ne pas envahir les lieux mais plutôt à initier un dialogue avec le mur, la cabine téléphonique ou la vitrine abandonnée.

Excédé par l’omniprésence de la publicité dans les rues, il cherche à poser discrètement sa pâte pour que son travail s’intègre avec douceur et poésie. Lui qui se définit comme un « poète des rues » défend quiconque d’intellectualiser son travail qu’il aime spontané et intuitif. De plus en plus reconnu sur la scène internationale, Borondo est à 23 ans un ‘street artist’ qui compte. Son travail a été exposé à la galerie 999 de Rome lors d’une première exposition solo intitulée « Portrait Study ». Il est également publié dans de nombreuses revues spécialisées telles que Street Art News, Hi-Fructose magazine et Street Art Utopia.

Borondo entretient une relation compliquée avec la municipalité de Madrid qu’il a décidé de quitter pour Londres, une ville qu’il juge plus libre et moins répressive. En 2013, il publie sur son blog les photos d’une fresque qu’il a peinte pour dénoncer l’abus de répression sur les ‘street artists’ madrilène.

Une ville au comportement ambiguë qui lui commande des œuvres alors qu’il y a encore quelques temps, elle lui infligeait des amendes de 3000 €…


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