Taimane Gardner, ukuleleiste à l’inspiration universelle

Elle s’appelle Taimane Gardner, a 25 ans, est Hawaiienne et joue du ukulele depuis l’âge de 5 ans. Rien d’étonnant direz-vous au pays des wahine et du tamure. Eh bien si, car cette jeune virtuose à une manière bien à elle de jouer de cette guitare à 4 cordes : elle interprète aussi bien des morceaux de hard-rock que du classique et même de la chanson française.

Premières scènes à 6 ans, carrière frémissante de musicienne à 13 ans, premier album à 15 ans, un second à 25… Le ukulélé colle à la peau de Taimane Gardner. Dans un répertoire oscillant entre rock, musique classique et flamenco, la jeune hawaiienne prouve au grand public que son instrument a plus d’un tour dans son sac. Rencontre avec la demoiselle.

Comme beaucoup d’enfants hawaïens, vous avez appris à jouer du ukulélé très jeune. Quand ce loisir a-t-il commencé à prendre de l’importance pour vous ?

J’ai effectivement commencé à l’âge de 5 ans. Le ukulélé a toujours eu son importance dans ma vie dans la mesure où il m’a permis de me faire des amis lorsque j’étais petite, comme lors de notre déménagement en Nouvelle-Zélande l’année de mes 11 ans.

Pensiez-vous un jour en faire votre métier ?

Pas du tout ! En revanche, j’ai toujours aimé attirer l’attention bien avant d’apprendre à jouer du ukulélé, que ce soit en dansant ou en chantant devant un public. J’ai réalisé que je pouvais un jour devenir musicienne professionnelle à 13 ans pendant mon premier boulot. Je jouais à l’époque du ukulélé toutes les semaines à Waikiki pour divertir les touristes.

L’ukulélé est un instrument peu souvent pris au sérieux. Pourquoi à votre avis ?

Je pense que beaucoup de gens ont en tête cette image d’Hawaii, avec ses danseuses en jupe chantant sur des airs de ukulélé… Ils réduisent souvent l’instrument au statut de chouette souvenir à ramener de voyage. Les gens, au fond, connaissent très peu cet instrument. En tant que musicienne, le ukulélé est un instrument de musique comme les autres, avec lequel vous pouvez jouer absolument n’importe quoi. Mon but est d’ailleurs de montrer au public qu’il s’agit d’un instrument aussi important et complet que la guitare ou le piano.

Quels autres clichés à propos de votre instrument ne supportez-vous pas ?

Beaucoup de gens voit le ukulélé comme un gadget comme je le disais, et le fait d’être une femme ne m’aide pas davantage car peu de gens me prennent au sérieux. Cela ne me dérange pas, car au premier abord les gens ont tendance à trouver ça mignon… Mais lorsque je commence à jouer, ils commencent à comprendre de quoi je suis capable.

Le ukulélé est redevenu à la mode ces dernières années. Que pensez-vous de ce regain d’intérêt général ?

C’est fantastique. Je suis vraiment contente que les gens se mettent à apprendre la musique, d’autant qu’il s’agit d’un instrument avec beaucoup d’avantages : il est petit, facile à transporter, idéal pour les enfants, et très facile d’accès, ce qui permet de prendre rapidement confiance et de ne pas se décourager.

Malgré vos compositions, vous continuez de réinterpréter des morceaux célèbres sur scène. Pour quelle raison ?

C’est mon truc ! J’ai cette démarche car le public a besoin de se sentir connecté lorsqu’il écoute de la musique. J’aime jouer des titres que les gens peuvent reconnaître, faire un peu comme dans un blind test où les gens s’amusent à deviner. J’aime exploiter ce côté divertissant de la musique.

Vous aimez aussi beaucoup marier entre eux dans des medley des morceaux improbables, comme du Bach et le générique de James Bond par exemple.

Oui, je choisis souvent des morceaux que les gens n’imaginent pas du tout ensemble ! Cela rejoint l’idée du jeu de devinette dont je parlais tout à l’heure, j’aime beaucoup !

Beaucoup d’ukulélistes souffrent de ce que l’on appelle le Syndrome d’Acquisition d’Ukulélés. Est-ce votre cas ?!

Je pense, oui (rires) ! Beaucoup m’ont été offerts, mais je pense en avoir en tout environ seize ! Sachant que je joue sur seulement six d’entre eux, que je change d’instrument tous les deux ans et que je garde toujours celui d’avant en guise de souvenir. J’ai d’ailleurs conservé mon tout premier ukulélé.

Source : Pils
Propos recueillis par Anne-Sophie Luccioni
Photo © Shaun Edward


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