De la magie au bout des doigts, Canelle, styliste de Polynésie

On rencontre parfois, au détour d’un chemin, d’une vitrine ou d’une page web, des gens dont le talent nous pousse à nous arrêter pour admirer leur travail. C’est le cas de Canelle, couturière aux doigts d’or. Ses modèles ont l’originalité d’un Karl Lagerfeld et les nuances colorées des modèles de Christian Lacroix qu’on surnommait le « couturier de la couleur ». Mais Canelle a su imposer son style propre, avec des créations nées de mélanges d’inspirations polynésiennes, latines, caribéennes… et de traditions ancestrales.  Dans un autre contexte ses modèles auraient pu appartenir à la haute couture.

Ses robes à elles-seules sont tout un apprêtement : plus besoin de maquillage ou de coiffure, la robe vous révèle parfaite, féminine, sensuelle… du tissu qui vous drape le corps à celui qui s’efface devant votre beauté…

Du coton, de la dentelle et de la magie ont fait de cette robe, une tenue parfaite pour assister à un cocktail ou simplement se rendre à son travail. Sensualité et simplicité en font un modèle unique et agréable à porter.

Couleur, légèreté, aisance pour ce modèle qui, tout en étant typique, est aussi original.

Canelle a créé Vahine flowers, sa maison de couture, sa marque qui veut tout dire ; la femme fleur s’épanouit dans ses pétales de tissus. Mais laissons la parole à Canelle qui a accepté de répondre à nos questions.

Bonjour peux-tu te présenter pour les lecteurs ?

Bonjour, je m’appelle Canelle. J’ai créé Vahine Flowers une petite entreprise de couture, il y a un peu plus de trois ans. Je couds chez moi, à Moorea. Je m’occupe aussi de la page Facebook de Vahine flowers qui permet de rester en contact avec mes clientes, de prendre les rendez-vous ou simplement mettre à jour notre catalogue et suivre les livraisons.

Depuis combien de temps pratiques-tu la couture ?

J’ai toujours été très manuelle et j’aime tout ce qui est en rapport avec la création et l’art en général. Je faisais de la couture déjà lorsque j’étais au collège, mais c’était des choses simples, à la main. Ce n’est que lorsque j’ai eu ma machine à coudre, donc depuis 4 ans, que je fais sérieusement de la couture et que c’est devenu une véritable passion.

Est-ce une histoire de famille ?

Pour ma part, je dirais plutôt qu’il s’agit d’une histoire d’amitié, puisque c’est avec deux de mes meilleures amies, qui s’y connaissaient très bien en couture, que j’ai appris les bases. Je regarde également beaucoup de tutos sur internet, de cours en ligne, de livres. J’apprends continuellement de nouvelles techniques, au fil du temps, surtout en pratiquant. On n’a jamais fini d’apprendre.

As-tu suivi une formation ? Laquelle ?

Non je n’ai pas eu de formation académique.

Tu es donc une autodidacte, ayant appris par toi-même, par l’expérience ?

Oui on peut dire cela, mais avec l’aide de mes amies et des tutos.

Quels conseils donnerais-tu à des jeunes qui souhaitent devenir couturières ou stylistes ?

Si la couture suscite une véritable passion chez eux, que la patience, la rigueur, et la créativité font partie de leurs qualités, mais surtout si le fait de créer les rend heureux, je leur dirai de croire en eux et de se lancer !

Ce sont des conseils judicieux. Il y a tant de jeunes qui ne trouvent pas leur voie ou se trompent de direction…. Il faut aimer ce que l’on fait.

Oui, comme on dit, on est heureux quand on fait de sa passion son métier.

Peut-on dire que tu es aussi styliste ?

Je ne sais pas mais si pour cela il faut créer ses modèles, les inventer, alors je dirais oui car je crée certains de mes modèles et je crois, qu’avec le temps, j’en créerais de plus en plus.

 

Peux-tu expliquer, pour nos lectrices, la ou les différences entre une styliste et une couturière ?

Je crois que la différence c’est l’acte créateur, celle qui ne se contente pas de toujours suivre les patrons, copier des modèles existants, celle qui invente, crée son propre modèle est une styliste, elle lui donne son style.

 Crées-tu tes modèles ou reprends-tu des modèles existants ?

Je créé certains modèles, mais pour d’autres, je pars d’un patron que je modifie pour que le résultat final corresponde à mes idées personnelles. Par exemple, à partir du patron d’une robe longue, je vais la faire en version courte, lui rajouter/enlever des manches, changer la façon de fermer la robe, rajouter de la dentelle ou remplacer le tissu par de la broderie. C’est ce qui est intéressant avec un patron : les multiples possibilités de personnalisation.

As-tu un grand couturier, mondialement connu qui t’inspire ?

J’aime beaucoup les créations du styliste libanais Elie Saab et aussi celles de la styliste italienne Alberta Ferretti. Leurs créations sont merveilleuses et pleines de poésie.

Et nous avons vu, en tes modèles, des qualités que l’on retrouve chez C. Lacroix et Karl Lagerfeld.

Je n’oserai jamais me comparer à de tels couturiers, je débute simplement.

Chacun débute un jour et dans ta façon de créer tes robes, on retrouve des notes de grands couturiers, sans doute avec le temps, affirmeras-tu ces caractères.

J’espère acquérir de l’expérience et devenir meilleure à chaque modèle, à chaque création.

Les robes locales se ressemblent souvent, est-ce que tu cherches à personnaliser, à créer un autre style local ?

Je ne sais pas si je cherche à créer un autre style mais en tout cas je conçois des vêtements qui me correspondent, j’aime particulièrement le style bohème, mais j’essaie d’élargir les styles pour satisfaire les clients. J’aime les imprimés fleuris, les détails comme les petites fleurs sur le décolleté d’une robe, mais aussi les dos-nu ou encore des lacets dans le dos.

Que penses-tu de l’histoire et du modèle de la fameuse robe mission ?

Je ne connais pas bien son histoire, je sais seulement qu’elle a connu un grand succès, avec le temps. Elle a été imposée aux femmes car les missionnaires les trouvaient vêtues de manière indécente et maintenant elle a intégré la mode polynésienne.

Elle se retrouve dans beaucoup de modèles d’aujourd’hui : est-ce un retour vers l’histoire, un attachement particulier à cette robe imposée par la religion ou est-ce simplement que les couturières n’osent pas tout révolutionner ?

Je pense qu’il y a un peu de tout cela. Elle fait partie de notre patrimoine mais les couturières et stylistes locales ont tout de même fait évoluer le modèle original.

Avec quels types de tissus aimes-tu travailler ?

J’aime beaucoup les tissus comme le coton ou la fibranne avec lesquels je travaille énormément, ainsi que la broderie anglaise et la dentelle.

Quelle est ta conception de la couture ?

Ma conception de la couture c’est la possibilité de faire d’une passion mon métier, mais c’est aussi le moyen pour moi de pouvoir gérer mon emploi du temps du mieux que je peux pour accorder le plus de temps possible à mes enfants. Depuis le mois d’août, j’ai donc plus de temps pour coudre la journée, et pour m’occuper de ma petite entreprise. J’aimerais maintenant pouvoir trouver quelqu’un pour m’aider afin de pouvoir proposer plus de choix comme une collection pour les petites filles !

Nous avons adoré certains de tes modèles comme la robe Ava ou encore la robe Vaea peux-tu nous en parler ?

Pour la robe Ava, j’avais envie d’une robe très féminine et sexy avec un beau décolleté ainsi qu’un dos nu. J’ai rajouté des manches courtes pour rester classe et pour ne pas en faire trop. Je voulais faire un modèle original, propre à ce que j’aime, propre à Vahine Flowers.

Pour la robe Vaea, j’ai été inspiré par la fameuse robe portefeuille de la créatrice Diane-Von-Furstenberg. Il s’agit d’une robe qui épouse bien la silhouette féminine, avec des bandes de tissu au niveau de la taille qui viennent se nouer dans le dos. J’ai également ajouté des manches mi longues mais je propose aussi la version sans manches. En la réalisant j’ai pensé à une de mes meilleures amies qui est une jeune femme classe et féminine. Je la voyais bien porter ce genre de robe, d’où son nom. Et c’est à partir de là que j’ai décidé de nommer tous mes modèles.

D’où vient ton inspiration ?

Mon inspiration me vient de différents éléments comme les imprimés fleuris des tissus avec lesquels j’imagine des modèles. Je m’intéresse également beaucoup aux tendances et à la mode du moment.

As-tu déjà réalisé des défilés ou prévois-tu d’en organiser ?

Je n’ai jamais participé à un défilé, je suis peut-être trop discrète et timide pour l’instant pour aller présenter ce que je fais sur une scène. Ça viendra peut-être avec le temps.

Nous avons appris que tu fabriques aussi des sacs que l’on peut assortir aux robes ou à d’autres modèles.

En effet, je crée des sacs à mains, des fourre-tout pour les femmes qui aiment être élégantes. Les clientes demandent souvent des modèles précis, jolis et originaux pour la ville ou la plage, le travail ou les loisirs et c’est ce que je fabrique.

  • Modèle fleuri et blanc pour une allure distinguée.
  • Sac fleuri avec une poche extérieure où l’on peut glisser son vini.
  • Ou sac en matériaux mixte pour plus de confort et d’élégance.

As-tu autre chose à ajouter pour nos lecteurs, couturières ou femmes qui aiment être belles et bien vêtues ?

Une femme qui se sent belle est toujours belle, quand elle porte une robe dans laquelle elle se sent bien, alors elle est bien vêtue. Pour les lectrices couturières, je dirais de continuer, de persévérer et de faire les créations qu’elles aiment, de se faire plaisir en créant ou en cousant. C’est un métier d’art, d’artiste.

Merci Canelle.

Merci Hinamoe, merci Moving Tahiti.

Les créations de Canelle


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