Il y a des chansons que l’on écoute parce qu’elles sont belles. Et puis il y a celles que l’on écoute en boucle parce qu’elles mettent des mots sur quelque chose que l’on n’arrive pas encore à dire. « One More », de County Line Glow, appartient clairement à cette seconde catégorie. Une mélodie country douce, une voix simple, et cette idée bouleversante : que ferait-on si l’on pouvait offrir, demander ou vivre encore un seul moment avec une personne disparue ?
Une chanson née du manque
Sorti le 30 janvier 2026, « One More » est une chanson country de County Line Glow, écrite et composée par Jason Laster. L’artiste explique lui-même qu’elle est née après la perte d’un ami proche. Ce n’est donc pas une déclaration d’amour au sens classique du terme, même si elle peut évidemment être entendue ainsi : c’est avant tout une chanson adressée à l’absence.
Son point de départ est universel. Après un décès, il reste souvent cette pensée impossible : si l’on avait su, on aurait pris davantage le temps. Un dernier lever de soleil, une conversation de plus, une main serrée plus longtemps, une chanson partagée une dernière fois. Pas pour réécrire toute une histoire ; simplement pour avoir « encore une fois ».
Les paroles : le désir de ralentir le temps
Le texte ne raconte pas un grand drame avec des mots compliqués. Il imagine des gestes très simples : faire un souvenir supplémentaire, prier, remettre une chanson aimée, danser, tenir une main, regarder l’autre personne dans les yeux.
C’est justement ce qui touche. Le deuil ne se compose pas seulement de grandes déclarations que l’on regrette de ne pas avoir faites. Il est souvent rempli de détails minuscules : une habitude, un rire, une voix, une phrase, une présence dans la pièce. « One More » ne cherche pas à faire disparaître ce manque. Elle lui donne une place.
La chanson répète cette demande d’un temps en plus, comme si le refrain essayait de négocier avec l’irréversible. Nous savons toutes et tous que ce n’est pas possible. Mais la musique permet parfois de formuler cette impossibilité sans la rendre insupportable.
Pourquoi elle bouleverse autant après un décès
Après la perte d’un proche, d’un ami ou d’une personne qui a compté dans notre quotidien, on ne perd pas seulement quelqu’un : on perd aussi les rendez-vous, les encouragements, les petites phrases, les projets qui semblaient aller de soi.
Pour celles et ceux qui viennent de perdre un coach, un collègue, un membre de la famille ou une amie, cette chanson peut résonner très fort. Une personne qui nous a accompagnés dans le sport, par exemple, laisse souvent bien plus qu’un souvenir de séance : elle a vu nos efforts, nos doutes, nos progrès, parfois nos jours sans énergie. Son absence se glisse alors dans des lieux et des horaires très ordinaires.
« One More » ne propose pas de tourner la page. Elle dit plutôt qu’il est normal de vouloir la relire encore un peu.
Une musique simple, une émotion directe
Le morceau dure trois minutes trente-sept. Il emprunte les codes d’une country acoustique et accessible : une mélodie qui s’installe rapidement, un rythme posé, une voix qui ne cherche pas l’effet spectaculaire. Cette sobriété laisse toute la place au texte et aux souvenirs de la personne qui écoute.
Chacun y projette son histoire. Pour certains, ce sera un amour perdu. Pour d’autres, un parent, un ami, un frère, une sœur, un collègue ou un coach. La chanson ne nomme pas précisément la personne absente : c’est peut-être ce qui lui permet de devenir celle de tout le monde.
Écouter, pleurer, recommencer : c’est aussi avancer
On entend souvent qu’il faudrait éviter les chansons tristes pour « ne pas remuer le couteau dans la plaie ». Pourtant, il arrive qu’un morceau nous aide justement parce qu’il nous autorise à ressentir. Pleurer en écoutant une chanson ne signifie pas que l’on va moins bien. Cela peut être une façon de laisser sortir ce qui reste trop serré à l’intérieur.
La musique ne remplace ni le temps, ni le soutien des proches, ni l’aide d’un professionnel lorsque le chagrin devient trop lourd. Mais elle peut accompagner. Elle peut offrir une parenthèse où l’on pense à quelqu’un sans avoir à tout expliquer.
Et parfois, au fil des écoutes, la chanson qui faisait pleurer devient celle qui rappelle aussi les bons moments. Le manque reste là, mais il se mélange peu à peu à la gratitude d’avoir connu cette personne.
À retenir
« One More » de County Line Glow parle de l’envie très humaine de retenir un dernier instant avec quelqu’un qui n’est plus là. Elle ne promet ni de réparer le deuil ni de l’adoucir d’un coup de guitare. Elle offre quelque chose de plus modeste, et sans doute de plus précieux : trois minutes trente-sept pour se souvenir, aimer encore et laisser l’émotion exister.
Certaines chansons deviennent des refuges. Celle-ci en est un.





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