Des manoirs anglais, des costumes impeccables, des personnages qui ne font jamais les choses à moitié et un humour très britannique : la série de Guy Ritchie revient sur Netflix avec une saison 2 encore plus ambitieuse. Une échappée aussi élégante qu’explosive, à regarder sans trop se poser de questions — mais en gardant les yeux bien ouverts.
Un héritage qui ne tient pas dans un cadre doré
Dans la première saison, Eddie Horniman, ancien militaire au tempérament plutôt droit, héritait d’un immense domaine familial. Le genre de propriété qui semble tout droit sortie d’un roman anglais : pelouses impeccables, boiseries anciennes, tableaux d’ancêtres et portes qui grincent juste ce qu’il faut.
Sauf que le domaine cache un secret nettement moins bucolique : un très lucratif réseau criminel s’y est installé. Eddie découvre alors que son héritage vient avec des associés encombrants, des règles à apprendre sur le tas et une vie où la négociation peut vite devenir… très musclée.
La saison 2 reprend un an plus tard. Eddie n’est plus tout à fait le même homme et son alliance avec Susie Glass, brillante femme d’affaires du milieu, prend une nouvelle dimension. Leur univers s’agrandit, les ambitions aussi. Inutile d’en dire davantage : le plaisir de The Gentlemen est justement de découvrir jusqu’où les personnages sont prêts à aller lorsqu’ils pensent avoir enfin la situation sous contrôle.

La signature Guy Ritchie : du crime, oui, mais avec panache
On reconnaît immédiatement la patte de Guy Ritchie. Les dialogues vont vite, les répliques sont mordantes et les personnages les plus improbables surgissent toujours au moment où l’on croyait avoir compris le plan.
La violence n’est jamais traitée comme dans un polar sombre et réaliste. Elle est stylisée, presque chorégraphiée, au service d’un récit qui préfère l’ironie au grand sérieux. Ici, même une discussion dans un salon feutré peut se transformer en confrontation mémorable.
Ce qui rend la série si agréable, c’est ce mélange assumé :
- une comédie criminelle pleine de rebondissements ;
- un univers très chic, entre aristocratie britannique et mafia contemporaine ;
- des situations absurdes, parfois franchement décalées ;
- une galerie de personnages hauts en couleur ;
- et cette impression délicieuse que tout peut basculer à cause d’un détail.
Ce n’est pas une série qui cherche à être morale ou grave à chaque instant. Elle revendique plutôt le plaisir du spectacle, avec du rythme, de l’esprit et une bonne dose d’impertinence.
Eddie et Susie : le duo qui fait tourner la machine
Theo James prête à Eddie une élégance froide très efficace. Son personnage ne hausse pas forcément le ton pour imposer sa présence : un regard, une phrase posée et un costume parfaitement coupé suffisent souvent. C’est précisément ce contraste entre ses bonnes manières et le milieu dans lequel il évolue qui le rend si captivant.
Face à lui, Kaya Scodelario incarne Susie Glass avec une assurance redoutable. Elle connaît les règles, les failles et les personnes à ne surtout pas sous-estimer. Susie n’est pas là pour décorer l’intrigue : elle décide, anticipe et avance avec une longueur d’avance — ou presque.
Entre eux, il y a de la méfiance, du respect et une vraie tension narrative. Pas besoin de romance forcée pour rendre un duo intéressant : leur relation fonctionne parce qu’ils savent qu’ils ont besoin l’un de l’autre, sans jamais pouvoir se reposer complètement sur l’autre.

Une série à regarder aussi pour le style
Dans The Gentlemen, les décors et les vêtements ne sont jamais de simples accessoires. Ils racontent une partie de l’histoire. Les grandes demeures de campagne anglaises côtoient les lieux de pouvoir londoniens, puis des décors plus solaires et luxueux en Italie. La série élargit son terrain de jeu tout en gardant son goût pour les intérieurs chargés, les voitures de caractère et les silhouettes impeccables.
Les costumes sont particulièrement soignés : tweed, vestes ajustées, grands manteaux, robes affirmées, bijoux qui attirent le regard. Tout semble dire que, même lorsqu’une situation devient chaotique, on peut garder une allure irréprochable. Une philosophie discutable dans la vraie vie, mais parfaitement réjouissante à l’écran.
Pour les amateurs d’ambiances, c’est une série généreuse : elle donne envie de remettre une chemise blanche, de boire un thé dans une tasse trop chic ou, au minimum, de regarder son salon avec un peu plus d’exigence.
Pourquoi la saison 2 se dévore si facilement
La force de cette nouvelle saison est de ne pas se contenter de répéter la première. L’univers devient plus vaste, les enjeux dépassent le seul domaine familial et les alliances se font beaucoup moins confortables. Mais la série conserve ce qui faisait son charme : un récit qui avance vite et ne laisse guère le temps de s’ennuyer.
Elle fonctionne particulièrement bien si vous aimez les séries qui mélangent plusieurs plaisirs : le suspense sans lourdeur, l’humour noir, les personnages ambigus et une esthétique très travaillée. On lance un épisode pour « voir », puis on enchaîne parce qu’on veut savoir qui a menti, qui a changé de camp et quel nouveau problème va tomber sur Eddie et Susie.
Autre bon point : The Gentlemen ne demande pas d’être spécialiste des films de gangsters. Les codes sont là, mais ils sont détournés avec assez de légèreté pour que l’on entre dans l’histoire immédiatement.

À savoir avant de lancer l’épisode 1
La série reste destinée à un public averti. Elle comporte des scènes de violence, des trafics, des comportements excessifs et un humour parfois très noir. Mieux vaut donc éviter de la lancer lors d’une soirée familiale avec les plus jeunes — même si les décors donnent envie de s’inviter au château.
Si vous n’avez pas vu la première saison, il est vivement conseillé de commencer par elle. La saison 2 est plus savoureuse lorsque l’on connaît déjà le parcours d’Eddie, les rapports de force installés et les personnalités qui gravitent autour de lui. Ce n’est pas une corvée : c’est une excellente excuse pour se faire une session canapé avant d’attaquer les nouveaux épisodes.
Notre verdict
The Gentlemen saison 2 est une série idéale lorsqu’on a envie de s’évader dans un monde où l’élégance cache toujours quelque chose de louche. Guy Ritchie y déploie son savoir-faire : une intrigue nerveuse, des dialogues qui claquent, un casting solide et ce goût très particulier pour les situations improbables traitées avec un flegme tout britannique.
Ce n’est peut-être pas la série à regarder pour méditer sur le sens de la vie. En revanche, pour une soirée où l’on veut du style, du rythme et quelques surprises bien placées, elle coche toutes les cases. Servez-vous quelque chose de frais, installez-vous confortablement et laissez les gentlemen régler leurs affaires — à leur manière.

À retenir
Disponible sur Netflix, The Gentlemen saison 2 prolonge avec brio l’univers chic, mordant et délicieusement imprévisible imaginé par Guy Ritchie. Une série aussi agréable à regarder pour son intrigue que pour ses costumes, ses décors et son duo Theo James–Kaya Scodelario.





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